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Un gros doigt

azylis

 

 

Big_letter_I

 

l y a des endroits qui mettent en relief la platitude de vos vies.
 Comme si leurs couleurs vives absorbaient la pâle lueur des vôtres déjà exsangues.

Ce genre de lieux où les gens en chient évidemment comme tout le monde, parce-que la merde c’est en nous qu’on la porte, dès le premier pleur.

D’ailleurs c’est comme ça que l’on commence, éjecté dans la vie dans un sale bruit de barbaque glissant sur les étals s’il n’y avait pas les femmes que l’on dit sages, payées pour vous rattraper et enjoliver un peu le truc. 
Et en pleurant. Comme ça, à l’instinct.

Il y a des endroits où quand les gens sortent c’est pour sortir vraiment.
 Sortir d’eux-mêmes, de leur vie de cons, de leur banalité de pauvres clônes pas assez malins pour s’en attrister, ou alors trop et en sombrer. 
Dans ces endroits les gens savent sortir d’eux-mêmes oui.
Jouer des rôles pour ne pas se perdre. 
Jouer le jeu de leurs facettes, les assumer, les entretenir, en changer, les assumer, toujours.

Mettre le paquet pour pas crever.

Après ça faudra rentrer, retrouver la France, avec ses airs compassés.
 Ses cons frustrés, qui veulent baiser sans trop se forcer. 
Ses sales putes intéressées qui sont d’accord si les soupirs ramènent de l’or. 
Des mal baisées très contentantes.
Petites bourgeoises refoulées, aux aspirations peu rutilantes, dans leurs petites fringues en camaieux qui font surtout pas mal aux yeux.

Et tout ce beau monde qui se mélange, qui se fait croire que c’est ça le fun.

Juré sur les cadavres de capotes autour du lit !

Même s’il n’y en a pas assez.

Même si pour finir, bein on préfère tous monter à cru.

Juré sur les facturettes de carte bleue chauffée à blanc !

Juré sur les photos facebook des vacances au ski en hiver, à la mer en été, comme tous les cons qui suivent le rythme des saisons. 
Comme des glands qui tombent des chênes chaque putain d’année ici-bas.

Ces photos que chacun étale, comme une conne super jolie qui a rien à dire, comme l’entre jambe d’une fille un peu banale, pour se faire croire qu’on a une vie.

Plus à soi-même finalement, qu’aux autres charognards sur son mur.

Ici les filles osent tout.

Boudinées, coloriées, décalées, rien à foutre, talons roses même sans même savoir marcher avec, jupes improbables, look de putes, mais dans la joie, 
look d’ado qui en fait trop, 
elles assument, se font plaisir en érigeant un gros doigt à vos désirs de ptits français refoulés.

Le fushia, sûr que ça a été inventé ici.
Les mecs ont le charme de ceux qui ont pas grand chose à perdre, une petite malice sans le coin des yeux.

Ok, on fantasme toujours un peu les pays d’où l’on ne vient pas. Tellement plus ceci, tellement plus cela.

Mais putain de merde j’ai pas rêvé !

La France a le cul serré face à des bites pas excitées. 
Elle en peut plus de se rétracter.

Il y a des endroits qui mettent en relief la platitude de vos vies.
 Comme si leurs couleurs vives absorbaient la pâle lueur des vôtres déjà exsangues.

Azylis