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Stéphanie

stephanie

 

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’excroissance juste au-dessus de mon nombril. Elle obstrue le trou, ça forme une caverne bizarre, une congestion. Ca fait flipper. Ca fait malade. Personne ne m’écoute et je n’ai pas peur. Stéphanie. J’ai l’impression parfois qu’elle m’empêche de respirer. Parfois, qu’elle assombrit la couleur de ma merde. Parfois qu’elle envoie des signaux infectieux à travers tout mon corps. Mon corps est immense, long et adipeux. La guerre s’annonce âpre. Nous n’avons pas peur de mourir, Stéphanie et moi. C’est une guerre d’amour. Nous nous aimons. Nous vivons ensemble le meilleur moment de cette vie, la fin. J’appuie dessus, elle s’aplatit une demi-seconde, Stéphanie, elle glisse en faisant un léger bruit de tissu dans le gras de mon ventre, revient vite à sa place. Son nid. Sa cavité. Et on rit, on rit tous les deux, on se mange et on rit. Je l’appelle ma troisième burne, on rit, j’appuie dessus, je ne mange presque plus, on rit, je passe mon temps au lit à la mesurer, elle dit qu’elle me regarde, elle dit que mon iris n’a jamais été aussi clair, ma peau si douce, mon âme si vive. Elle ajoute en murmurant je t’aime et je vais te faire mal.

 Nicolas Albert G